Vague verte au Nautic de Paris : les talents français innovent pour l’environnement

A la rencontre des talents et entreprises français sur le salon Nautic de Paris, French Talents a découvert qu’à l’image de l’automobile, le secteur nautique se dessine un avenir responsable, sous le signe des énergies renouvelables, de l’économie de partage et des innovations design, tout en conservant son côté loisirs.

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« La baisse de la consommation d’énergies fossiles est une tendance de fond, assure Alain Pichavant, commissaire général du Salon Nautic. L’un des autres points importants est la R&D, la France est réellement l’un des pays pionniers. » Voilà qui explique que l’industrie nautique recrute fortement, avec quelques 3 000 postes à pourvoir et un déficit de salariés non seulement sur les chantiers navals, mais aussi sur des spécialités plus classiques qui peuvent être adaptées, comme l’électricité, l’électromécanique ou la menuiserie.

Des innovations qui combinent design et conscience verte

Il ne flotte pas : il vole ! L’entreprise NeOcean devrait mettre à la disposition du grand public, dès cet été, son Overboat. « Dans un bateau compact, nous avons réussi à mettre toutes les technologies du bateau du futur. Nous avons commencé par les foils* », note Vincent Dufour, fondateur. Parmi les avantages : une consommation d’énergie divisée par quatre, et aucune perte de vitesse par rapport à un moteur traditionnel bien qu’il s’agisse là de propulsion électrique.

Quant au jet-ski du futur, il est lui aussi monté sur foils. Il est 100 % électrique, 100 % made in France, et 100 % composé de matériaux nobles, tels que le carbone et l’aluminium. Il n’existe pour le moment qu’en série limitée, mais « A la saison prochaine, nous allons commencer la commercialisation d’un autre modèle qui se rapprochera des tarifs de jet-skis habituels », assure Philippe Millet, office manager de Lubo Bird E Marine.

Un bateau engagé

Unique au monde, l’Energy Observer fonctionne grâce à un mix d’énergies renouvelables. Il est entièrement couvert de panneaux solaires. Et quand le ciel est couvert ? Pas de problème ! « Lorsqu’on est en escale, on n’a pas les mêmes besoins d’énergie que lorsqu’on navigue, mais elle continue à être produite. Au lieu de la perdre, nous récupérons l’eau de mer et nous l’électrolysons, explique Amadea Kostrzewa, directrice de la communication. Nous stockons l’hydrogène, qui agit en prolongateur d’autonomie lorsqu’il n’y a ni vent pour les voiles ni soleil pour les panneaux. » Sa mission est environnementale : il fait le tour du monde à la recherche de solutions concrètes contre le changement climatique.

Un Wall-e des mers

Jellyfishbot est un mini-bateau robot muni d’un filet qui collecte les déchets et même les hydrocarbures à la surface des plans d’eau. Son créateur, Nicolas Carlisi, insiste sur sa taille : « Nous l’avons conçu extrêmement petit parce que dans les zones portuaires, la majorité des déchets, entraînés par le courant et le vent, se retrouvent dans des endroits difficiles d’accès, entre les bateaux ou contre les quais. » Avec ses deux batteries qui lui confèrent 6 à 8 heures d’autonomie, il est télécommandé… pour le moment ! Puisque Iadys, la société qui le commercialise, prépare une version totalement autonome avec détecteur d’obstacles pour fin 2019.

Le partage et l’accessibilité au cœur des préoccupations

Bénéteau relance sa gamme First avec quatre modèles, notamment le 14, un dériveur, « avec la volonté d’être accessible : il coûte 10 000 euros et ne pèse que 55 kilos, se réjouit Gianguido Girotti, directeur général. Il peut donc être installé directement sur une voiture. » L’accessibilité, c’est le mot d’ordre de Bénéteau cette année : « Nous lançons le Boat Club, un service qui permettra aux personnes qui le souhaitent de se faire plaisir et d’avoir accès à un vaste panel de bateaux sans avoir à supporter l’acquisition et la gestion d’un bateau complet. »

Le partage, c’est le modèle sur lequel se base Dream Yacht Charter, un loueur avec un modèle un peu particulier que décrypte son fondateur, Loïc Bonnet. « Nous proposons l’acquisition d’un bateau sur le même modèle que Pierre et Vacances : vous pouvez passer un certain nombre de semaines par an sur votre bateau, ou n’importe quel autre similaire dans notre flotte, tout en percevant un revenu et en n’ayant aucune charge d’exploitation. » Ce sont aujourd’hui plus de 1 000 embarcations qui sont disponibles sur 53 sites dans le monde. Et entre le rachat de SamBoat et le partenariat avec Zodiac, les activités devraient continuer à se développer et à se diversifier.

Séverine Dégallaix

* Ailes profilées qui, à partir d’une certaine vitesse, soulève la coque du bateau hors de l’eau, en partie ou totalement

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